Tatouages liés à l’art

De nombreux articles de fans ont été rédigés sur les innombrables tatouages de Johnny Depp. Difficile de dire combien l’artiste en a jusqu’à présent, je peux de mémoire en citer facilement une trentaine, le compte doit être plus proche des 40/45 et évolue constamment.
J’ai eu envie de me focaliser sur un petit nombre d’entre eux qui ont éveillés mon intérêt vu leur symbolique.
 

 

« I want a nice little boat made out of ocean » (littéralement en français : Je veux un joli petit bateau fait d’océan) sur l’avant-bras droit. Un tatouage récent aperçu à partir de l’été 2018 durant la fin de la deuxième tournée européenne d’Hollywood Vampires. Il s’agit d’une référence à la chanson See No Evil de Television, groupe punk rock new yorkais influent à la fin des années 70. Le texte a été écrit par Tom Verlaine, leader du groupe qui collabore régulièrement avec Patti Smith chanteuse et poétesse amie très proche de Johnny Depp.

See No Evil est une ode à l’insouciance de la jeunesse, où le narrateur nous décrit ses envies de liberté qu’il veut réaliser vite et avec passion. La citation choisie par Johnny Depp évoque un paradoxe onirique, style qu’on retrouve régulièrement dans les chansons de Tom Verlaine comme dans le refrain de Venus : “I fell right into the arms of Venus De Milo” (Je suis tombé droit dans les bras de la Venus de Milo – statue sans bras datant de l’antiquité grecque).

 

Sur le biceps gauche depuis mi 2013, le buste d’un homme en costume sans visage dessiné par son fils Jack, souligné des mots « Man is a giddy thing ». Cette expression se retrouve dans la chanson Sigh No More sortie en 2009 du groupe Mumford & Sons, elle même inspirée de la pièce de Shakespeare Beaucoup de Bruit pour Rien (Titre original Much Ado About Nothing) où le personnage de Benedict prononce cette phrase à la fin de la pièce après être tombé amoureux et avoir changé d’avis sur le mariage, phrase pouvant se traduire par “L’homme est un être inconstant”.

Johnny Depp a collaboré à plusieurs reprise avec Marcus Mumford, jouant à ses côtés lors de concerts improvisés, ou encore enregistrant plusieurs chansons sur l’album The New Basement Tapes fin 2013 (album composé de chansons de Bod Dylan jamais enregistrées), comme ici jouant en studio sur la chanson Kansas City.

 

 

On peut également supposer que l’oeuvre de Shakespeare est appréciée de Johnny Depp puisqu’il a été question en 2012 d’une adaptation de ses pièces en série tv par la société de production de l’acteur Infinitum Nihil.

 

 

Un squelette couvre la majeure partie de son dos, il a été aperçu dans The Lone Ranger (2012) et dans le clip KILL4ME de Marilyn Manson sorti en 2017.
C’est l’un des tatouages communs de Johnny Depp et Manson, ce dernier l’a évoqué en interview en avril 2012 “On a tous les deux la même chose, c’était plutôt douloureux mais amusant. C’est un tatouage géant d’un arbre et d’un squelette qui recouvre tout mon dos. Ça vient des Fleurs du Mal de Baudelaire, un de mes livres préférés”.

Il s’agit plus précisément d’un dessin de Félicien Rops ayant servi d’illustration au recueil Les Épaves, publié 9 ans après Les Fleurs du Mal, composé de nouveaux poèmes et d’autres censurés lors de la première édition du livre.
Johnny Depp partage sa passion pour Baudelaire autour de lui, ayant ainsi offert un exemplaire des Fleurs du Mal en cadeau à Eva Green comme elle le confiait lors d’une interview après la sortie de Dark Shadows.
 

 

Sur le triceps droit, l’hexagramme 9 du Yi Jing (appelé en français Livre des Changements), manuscrit chinois rédigé plusieurs siècles avant l’ère chrétienne.
Cet hexagramme est celui de la force et a l’interprétation suivante : Imposer votre voie n’apportera que le malheur. Restez concentré sur votre chemin et éliminez les obstacles par des actions délicates. Regardez sur le long terme. Plantez les bonnes graines maintenant pour moissonner une récolte dans le futur. Cultivez la patience, la tolérance, l’adaptabilité et le détachement. Acceptez le fait que tout ce que vous pouvez faire est de changer vous-même.

C’est un de ses tatouages communs avec Damien Echols, l’un des 3 accusés à tort du meurtre de 3 enfants à Memphis dans les années 90, ayant vécu dans les couloirs de la mort de ses 20 à ses 37 ans avant d’être libéré grâce à l’aide de l’opinion publique et de nombreux artistes, dont Johnny Depp qui, après l’avoir visité plusieurs fois en prison, est resté amis depuis sa libération en 2011.
Johnny raconte l’histoire de ce tatouage dans une interview en novembre 2011 : “Récemment, avant de venir à Austin, je suis allé à Disneyland avec Damien Echols des West Memphis Three. Il vient juste de sortir de prison. Il voulait voir Disneyland alors je l’y ai amené. Après ça, on a été se faire tatouer. C’est ma façon de documenter ma vie.” Pour Damien ce symbole signifie qu’il ne faut pas se focaliser sur les obstacles qui semblent insurmontables devant soit, sinon vous perdez la foi et serez vaincu. Au lieu de cela, concentrez vous à mettre un pas devant l’autre, une étape à la fois.
 

 

Silence Exile Cunning sur son avant-bras gauche (apparu autour de 2006) est une citation du roman Portrait de l’artiste en jeune homme (James Joyce, 1916). Le livre largement autobiographique dépeint le développement personnel de l’auteur en utilisant un style singulier de monologues intérieurs.

Les trois mots représentent les principes de vie du personnage principal, tentant d’être entièrement lui même avec pour seules armes le silence, l’exil et la ruse. Le silence plutôt que le jugement ou l’explication, l’exil nécessaire pour pleinement s’épanouir (qu’il s’agisse de quitter son pays comme l’auteur ou de s’accorder des moments de réflexion en solitaire) et la ruse utile pour se sortir de certaines situations.

Faye Dunaway, qui a tourné dans Arizona Dream, Don Juan DeMarco et le clip Into the Great Wide Open aux côtés de Johnny Depp, rapporte dans son autobiographie Looking for Gatsby (1998) lui avoir transmis cette devise. C’est selon elle la seule façon de survivre en tant qu’acteur.
Dans une interview de 2005, Johnny Depp se confie au sujet de l’auteur : “Comme le personnage de James Joyce dans Portrait d’un artiste en jeune homme, je me suis moi aussi dissocié de ma propre famille et de mon foyer. Ne jamais revenir. Cacher les vérités, c’est comme se cacher d’un monstre. Effrayant et triste en même temps pour moi. Je préserve une certaine santé mentale en ne retournant pas chez moi. Peut-être aussi, j’ai oublié certaines de mes racines et je suis trop occupé à créer mes propres racines avec ma propre famille pour penser à d’où et de qui je viens. Ceci n’est qu’un exemple des écrits du livre de James Joyce qui me touchent”.
 

Il s’agit ici d’un choix non exhaustif de ma part, n’hésitez pas à partager d’autres tatouages qui vous inspirent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *