John Waters

Cry-Baby, réalisé par Waters en 1990, est le premier film post période 21 Jump Street et premier rôle principal pour Johnny Depp.

 

John Waters en 2014 © Ed Lederman/PEN American Center – CC-by-2.0
 

John Waters est un cinéaste américain indépendant connu pour ses films transgressifs. La plupart de ses œuvres ont un côté kitsch assumé et font preuve d’un certain mauvais goût. De ses premiers longs métrages underground au début des années 70, jusqu’au succès d’Hairspray en 1988, Waters a exploré des thèmes souvent liés à la sexualité, le fétichisme et la délinquance.

Il est entouré d’une troupe d’acteurs surnommés les Dreamlanders (du nom de sa maison de production Dreamland), dont le noyau dur est composé d’amis d’enfance de Baltimore où se déroulent tous ses films.

Le plus emblématique et célèbre de ses comédiens est la drag queen Divine qui a grandement participé à la représentation de figures hors norme sur nos écrans, allant même jusqu’à servir d’inspiration à Ursula dans La Petite Sirène (Disney, 1989).

 

Ursula et Divine
 

À partir des années 90, John Waters réalise des films plus grand public même si la morale reste toujours subversive.
Waters affirme qu’il est aujourd’hui très difficile de lever quelques millions de dollars pour un projet indépendant sans faire de concession artistique et n’a pas réalisé de long métrage depuis plus de 10 ans.

Il se consacre à l’écriture, aux expositions d’art (sculpture, photographie) et festivals de films indépendants. Il a également enseigné en prison, ses contacts avec les détenus étant une grande source d’inspiration pour la création de ses personnages.

Je suis en pleine lecture de Carsick: John Waters Hitchhikes Across America (2014) qui dépeint sa traversée des Etats-Unis de Baltimore à San Francisco en auto stop, ce qui vous donne une idée du côté déjanté de l’artiste.

J’ai découvert Cry-Baby lors de sa première diffusion sur Canal+ quand j’avais 13 ou 14 ans, attendant avec impatience de découvrir Johnny Depp pour la première fois dans un long métrage après l’avoir admiré en Tom Hanson et sur les couvertures des magazines pour ados (ne faite pas le calcul, oui je suis vieille).

Ça reste un film très marquant dans mon esprit, l’ayant vu et revu des dizaines de fois avec mon regard de midinette de l’époque : pas sur que le besoin pour Johnny Depp de casser son image d’idole des adolescents avec ce rôle ait eu l’effet escompté sur moi !

 

Cry-Baby et sa bande
 

C’est toujours un plaisir de le revoir aujourd’hui et j’ai hâte de pouvoir le montrer à ma fille quand elle aura une dizaine d’années.

Cette comédie musicale est une des œuvres les plus abordables de John Waters avec Hairspray. Une sorte de version trash de Grease, où un jeune fille bien élevée tombe amoureuse d’un beau gosse du groupe des rebelles qui malgré leur mauvaise réputation se révèlent d’une grande loyauté.

Il n’est pas nécessaire d’insister sur le jeu et le physique de Johnny Depp, la majorité d’entre vous ont surement vu Cry-Baby et sont déjà sous le charme de Wade Walker. Pour les autres, je vous envie de pouvoir découvrir ce film léger plein d’humour pour la première fois.

 

 

21 Jump Street a fait connaître Johnny Depp au monde entier, mais il se sentait enfermé dans ce personnage et s’est empressé de quitter la série à l’expiration de ses 4 ans de contrat.

Le script de John Waters lui a tout de suite plu, loin des nombreuses propositions de héros qui résout les problèmes et met la fille dans son lit à la fin du film. Il a perçu avec cette comédie l’opportunité de se moquer de l’étiquette de bad boy qu’on était en train de lui coller.

Waters explique avoir choisi l’acteur en feuilletant des magazines pour ados – après avoir eu peur de passer pour un pervers lors de leur achat – et s’être rendu compte du succès de Johnny Depp dont l’image serait parfaite pour le rôle. Il reconnaît le courage pour un jeune acteur en plein essor d’accepter un pari aussi risqué, loin de la voie toute tracée d’Hollywood et décèle sur le tournage des qualités rares chez Johnny Depp qui selon lui le destine à devenir une grande star.

C’est la fascination durant son enfance pour un jeune homme en jeans et veste en cuir de son voisinage – look popularisé par Marlon Brando avec L’Équipée sauvage (The Wild One sorti en 1953) – qui a inspiré John Waters dans la création de Cry-Baby.

 

Wade « Cry-Baby » Walker
 

Le succès de Hairspray 1988 attise la confiance des producteurs et permet à Waters de travailler sur un projet plus ambitieux qu’à son habitude. Il se voit accorder un budget de 12 millions de dollars (contre 2 millions pour son film précédent), dont 1 million est consacré exclusivement au cachet de Depp.

On retrouve également Iggy Pop au casting de Cry-baby, amis de longue date avec Johnny. Iggy ne se souvient pas comment il a été recruté pour ce film, c’est à cette occasion qu’il a rencontré John Waters même s’il admirait son travail depuis longtemps, ayant vu le premier long métrage remarqué du réalisateur, Pink Flamingos (1972) lors de sa sortie à Los Angeles.

Des événements plus ou moins joyeux ont menés à la réunion de l’équipe du film. On peut citer le concert caritatif au célèbre Viper Room avec entre autres Johnny Depp et Jack Black début 2000 pour aider l’actrice Susan Tyrell à payer ses frais médicaux suite à l’amputation de ses deux jambes due à une maladie sanguine.

 

Susan Tyrrel et Iggy Pop dans Cry-Baby
 

Ou encore la projection du film en 2013 en présence de John Waters, Johnny Depp, Traci Lords et Ricki Lake lors l’hommage annuel au guitariste Johnny Ramone.

 

John Waters et Johnny Depp lors de la 9ème édition du Johnny Ramone Tribute (Août 2013)
 

Malgré des revenus en salle décevants, Cry-Baby est depuis devenu culte, phénomène assez courant dans la filmographie de Waters.

Avez-vous vu ce film ? Que représente-t-il pour vous ? D’autres œuvres de John Waters vous ont marquées ?

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